Marchés & consommation

Violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun

Mis à jour : 1 juillet 2026

Sommaire

En juin 2022, nos équipes Mobilité ont mené une étude sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les transports en commun franciliens pour la RATP visant à mieux comprendre et ainsi identifier des solutions concrètes pour lutter contre les violences dans les transports. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans l’Observatoire sur les violences faites aux femmes produit par la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains).

Analyse des violences dans les transports en commun

Un grand nombre de femmes victimes

Les résultats de l’étude sont alarmants : 7 femmes sur 10, utilisatrices des transports en commun franciliens, déclarent avoir été victimes de violences sexistes et sexuelles au moins une fois dans leur vie en empruntant les transports. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées, avec 80% des 15-18 ans et 90% des 19-25 ans ayant déjà subi une agression.

Dans 81% des cas, l’agression est commise par un homme seul contre 29% des victimes qui déclarent avoir été agressées par un groupe d’hommes.

Les différents types d’agression

Parmi les femmes ayant subi des violences sexuelles et sexistes au cours des 12 derniers mois, voici les agressions les plus courantes :

  • 39% ont été victimes d’outrages sexistes et sexuels
  • 19% ont subi du harcèlement sexuel
  • 15% ont été victimes d’agression sexuelle
  • 13% ont été confrontées à de l’exhibition sexuelle
  • 6% ont subi un viol ou une tentative de viol
Couverture livre blanc sujets sensibles dans les études



    Un sentiment d’insécurité omniprésent

    Prendre les transports en commun peut s’avérer être source de stress pour les femmes. 80% des utilisatrices déclarent rester en alerte lorsqu’elles prennent les transports. Plus précisément :

    • 28% des femmes ne sont pas rassurées sur les quais
    • 38% des femmes ne sont pas rassurées à bord des trains du réseau Île-de-France

    Pour le réseau de surface (bus et tramway), 43% des répondantes ne sont pas rassurées aux arrêts et 31% ne sont pas rassurées à bord.

    Le sentiment d’insécurité est plus fort en soirée, avec 64% des femmes qui ne se sentent pas rassurées entre 19h30 et 22h. Un chiffre qui monte à 81% entre 22h et 00h. Même tôt le matin, 45% des usagères ne se sentent pas en sécurité avant 7h30.

    Des stratégies pour éviter les violences

    Face à cette insécurité, les femmes victimes de violences dans les transports en commun adoptent divers comportements pour réduire les risques :

    • Elles adaptent leur tenue :
      • 60% évitent les transports en fonction de leur tenue
      • 68% adaptent leur tenue quand elles empruntent les transports en commun
    • 83% se placent dos aux portes ou aux murs quand elles sont debout et 85% préfèrent les sièges
    • 93% préfèrent les places assises à côté d’une femme, d’un couple ou d’une famille, plutôt qu’à côté d’un homme seul
    • 93% adoptent une posture volontairement fermée

    Conséquences psychologiques

    Les violences subies ont un impact profond sur la santé mentale des victimes :

    • 70% ressentent de la colère
    • 34% éprouvent de la honte
    • 26% souffrent de tristesse ou de déprime
    • 30% ont peur de sortir après une agression
    • 23% ressentent un besoin d’isolement
    • 19% ont eu des difficultés dans leur travail ou leurs études

    Quelles réactions face aux agressions ?

    Peu de signalements aux autorités

    Malgré les conséquences que ces violences peuvent causer, seulement 7% des femmes agressées ont déposé une plainte officielle, 11% des femmes ont sollicité un agent RATP contre 67% des personnes interrogées qui n’ont jamais sollicité d’aide ni engagé d’action.

    En revanche, 81% des victimes ont relaté les faits auprès d’une personne tierce :

    • 74% des femmes en ont parlé à des proches
    • 16% en ont parlé à des professionnels de santé, à des policières, policiers ou gendarmes

    Toutefois, lorsque les victimes sollicitent un agent RATP, 4 femmes sur 5 déclarent avoir été suffisamment prises en charge, écoutées ou comprises par l’agent.

    Intervention des témoins

    Seules 23% des victimes ont déclaré avoir été aidées par une tierce personne lors d’une agression dans les transports en commun.

    Des dispositifs encore peu connus

    Le numéro d’assistance 3117 / 31117

    Ce numéro permet d’alerter en cas d’agression dans les transports en commun. 51% des répondantes connaissent ce dispositif. Alors que 12% des victimes l’ont déjà utilisé, 63% des répondantes pensent qu’elles ne doivent l’utiliser qu’en cas d’extrême urgence.

    Les bornes d’appel à quai

    Autre dispositif mis en place par la RATP : les bornes d’appel sur les quais qui permettent aussi d’alerter en cas d’agression. 58% des femmes connaissent l’existence de ce dispositif et 10% l’ont déjà utilisé. Comme pour le numéro d’assistance, un grand nombre de répondantes (74%) pensent qu’elles ne doivent l’utiliser qu’en cas d’extrême urgence.

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