Longtemps cantonnées au rang de simple accessoire estival, les lunettes de soleil se sont imposées comme un équipement à part entière du quotidien des Français. Mais derrière un marché des lunettes de soleil déjà mature, se cachent des attentes très contrastées selon les générations. Une étude menée par Enov* auprès d’un échantillon représentatif de Français porteurs de lunettes de soleil révèle les ressorts d’un secteur où protection, style et prix ne pèsent pas du tout le même poids en fonction de l’âge des répondants.
Un marché des lunettes de soleil quasi universel
Le premier enseignement est sans appel : les lunettes de soleil ne sont plus un produit de niche. 94 % des Français portent des lunettes de soleil au moins occasionnellement, et l’équipement est loin d’être figé puisque 62 % des porteurs ont acheté au moins une paire dans l’année écoulée. Un chiffre qui grimpe à 73% chez les plus jeunes.
La paire de solaires fait partie du quotidien des consommateurs puisqu Plus d’un tiers des porteurs (36 %) déclarent en porter presque tous les jours, et 34 % régulièrement.
Deux cibles à activer sur le marché des lunettes de soleil
Notre étude fait émerger deux profils de consommateurs aux logiques opposées.
Les jeunes, multi-équipés et volatils
Pour les jeunes, les lunettes de soleil deviennent un objet de garde-robe, que l’on multiplie au gré des envies, des looks et des tendances. 54 % des jeunes alternent entre plusieurs paires et 25 % ont acheté plusieurs produits dans l’année.
Les seniors, un potentiel encore sous-exploité
En ce qui concerne la cible séniore, le marché des lunettes de soleil reste sous-pénétré : 28 % des plus de 65 ans n’en portent que de temps en temps. Il existe donc une marge de progression réelle pour transformer ces porteurs occasionnels en porteurs réguliers.
Style contre protection : la grande rupture générationnelle
C’est sans doute le clivage le plus structurant du marché. À la question « pour vous, les lunettes de soleil, c’est plutôt… », 60 % des Français répondent un équipement de protection, contre seulement 9 % qui y voient avant tout un accessoire de mode (31 % les positionnent au même niveau).
Mais ce chiffre global masque un écart générationnel :
- Chez les plus de 65 ans, 84 % privilégient la dimension protection.
- Chez les 18-34 ans, ils ne sont que 39 % à mettre la protection en avant, le style et la double fonction prenant une place bien plus importante.
Ce clivage se retrouve dans les déclencheurs d’achat. Les jeunes achètent une nouvelle paire pour des raisons esthétiques : avoir une paire plus jolie ou tendance (42 %), sur un coup de cœur (24 %), ou simplement pour changer de style (23 %).
Les seniors, eux, raisonnent renouvellement et nécessité : pour 47 % d’entre eux, l’achat se fait en même temps que les lunettes de vue, et 29 % invoquent un besoin d’une paire à la vue.
Deux leviers commerciaux se dessinent : travailler l’inspiration en point de vente pour créer de l’impulsion chez les jeunes, et faire de la solaire un réflexe au moment du renouvellement optique pour les plus âgés.
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Critères de choix : un même rayon, deux discours à tenir
Quand on demande aux Français ce qui comptera le plus pour leur prochaine paire, le trio de tête mêle des préoccupations contradictoires : le prix arrive en tête (46 %), suivi de près par le niveau de protection UV (45 %) et le style/look (42 %).
Là encore, le détail par génération est éclairant :
- Les 18-34 ans placent le style/look en priorité absolue (55 %), devant le prix (45 %), la protection UV n’arrivant qu’en troisième position (32 %). La marque (22 %) pèse aussi nettement plus chez eux.
- Les plus de 65 ans inversent complètement la hiérarchie : le niveau de protection UV domine (48 %), suivi du prix (45 %) et de la qualité des verres (34 %). Le conseil du vendeur (19 %) et les fonctionnalités des verres (33 %) y comptent bien davantage que chez les jeunes.Où les Français achètent-ils leurs lunettes de soleil ?
Où les Français achètent-ils leurs lunettes de soleil ?
Interrogés sur le lieu de leur prochain achat, 50 % des porteurs citent les réseaux d’opticiens (Krys, Optique 2000…), loin devant l’opticien indépendant (18 %), l’opticien « mode » type Jimmy Fairly (6 %), le magasin de sport (5 %) et l’e-commerce généraliste (4 %).
Mais le comportement diffère fortement selon l’âge :
- Les seniors plébiscitent les réseaux d’opticiens (64 %)
- Les jeunes sont quant à eux moins attachés aux réseaux (34 %) et se montrent davantage attirés par les opticiens « mode » (14 %).
Quant aux critères de choix d’un opticien, le prix des montures arrive en tête (40 %), suivi de la qualité du conseil (35 %), du prix des verres (34 %) et de la confiance dans l’enseigne (32 %).
Mais au-delà de leur exigence sur la qualité des verres, les seniors recherchent avant tout le conseil et la confiance (36 % pour la qualité du conseil, 42 % pour la renommée de l’enseigne), là où les jeunes privilégient nettement la présence de modèles tendance (43 %, contre seulement 7 % chez les seniors).
La seconde main : une opportunité émergente sur le marché des lunettes de soleil
La seconde main représente une opportunité pour les opticiens. Si demain les marques proposaient des lunettes de soleil d’occasion, 74 % des porteurs se déclarent intéressés, dont 26 % très enthousiastes. L’intérêt est nettement plus marqué chez les jeunes (35 % des 18-34 ans très favorables) que chez les seniors (13 %).
Cet intérêt reste toutefois conditionnel. Une large part des consommateurs n’envisage la seconde main qu’en fonction du prix (31 %) ou sous réserve de garanties de sécurité et d’hygiène (17 %). Et pour les 26 % de réfractaires, les freins sont clairs : la qualité ou l’état des produits (64 %) et l’hygiène (41 %).
La seconde main a donc de l’avenir, mais à deux conditions : une réassurance forte sur le reconditionnement et une économie réellement significative pour le consommateur.
Un marché incontournable, des stratégies à différencier
Les lunettes de soleil est un marché incontournable, mais il s’adresse à deux générations avec des discours différents.
Pour les acteurs de l’optique, l’enjeu n’est donc pas de choisir entre protection, style et prix, mais d’adapter leur discours à chaque profil de clientèle, et d’explorer des relais de croissance comme la seconde main, à condition d’en lever les freins.
*Étude réalisée par Enov auprès d’un échantillon représentatif de 505 Français de plus de 18 ans porteurs de lunettes de soleil. Méthode des quotas et redressement sur les critères suivants : genre, âge, catégorie socioprofessionnelle, structure du foyer et région.



