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Article Sécurisation des paiements en ligne
DSP2 : sécurisation des achats en ligne

Sécurisation des paiements en ligne : bilan 1 an après l’entrée en vigueur de la DSP2

En 2020, le contexte sanitaire a placé les acteurs du e-commerce au centre du jeu, et l’approche des fêtes de Noël devrait davantage accentuer cette tendance. Mais un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne pour la sécurisation des paiements en ligne (DSP2), visant à mieux protéger les consommateurs, certains acteurs ont peur que sa mise en place ait un impact négatif sur les ventes… Le département Banque-Assurance d’Enov fait le point sur l’évolution de la perception de ces nouvelles mesures par les consommateurs : sont-elles suffisamment connues et identifiées ? Favorisent-elles le sentiment de sécurité ? Quels sont les outils les plus utilisés ?

Miniature Infographie DSP2 sécurisation des paiements en ligne

Fin du SMS et double authentification : des niveaux de notoriété sont encore faibles

Alors que la règlementation est entrée en vigueur il y a plus d’un an, les mesures phares semblent encore largement méconnues du grand public :

  • Fin du code par SMS : seulement 38% des Français déclarent en avoir entendu parler
  • Double authentification : 30% en ont entendu parler et seulement 1/3 d’entre eux déclare savoir sur quels critères elle repose

Sans surprise, cette notoriété est plus importante chez les jeunes et ceux qui déclarent avoir déjà subi une fraude en ligne.

Malgré cette méconnaissance, les consommateurs semblent tout de même noter un renforcement de la sécurité lors de leurs achats en ligne.

Une bonne perception de la sécurité des achats en ligne

Alors que 22% des cyber-acheteurs déclarent avoir déjà subi une fraude en ligne (stable vs. 2019), la moitié (50%) des consommateurs estime que les achats sur Internet sont de plus en plus sécurisés. Évidemment, cette perception est moindre chez ceux qui ont été victime d’une fraude avec 42% vs. 52% pour ceux qui n’ont jamais eu ce type de problèmes.

Au global, les étapes d’authentification sont largement perçues à travers leurs bénéfices et le discours semble s’ancrer dans les esprits : 84% y voient un gage de sécurité (78% en 2019), contre seulement 13% comme un frein à l’achat (18% en 2019).

Ceux qui les utilisent sont d’ailleurs les consommateurs qui achètent le plus souvent sur Internet (41% au moins une fois par semaine, contre 34% sur la moyenne des Français) et qui ont une confiance renforcée sur les paiements en ligne (55% vs. 50% en moyenne).

Cependant, certaines propositions ne font toujours pas l’unanimité :

  • Proportionnalité de la protection ajustée au montant des achats : 48% sont pour et 44% contre
  • Enregistrement sur les sites préférés: 29% y sont favorables sans condition et 50% y sont défavorables (+7 points vs. 2019)

Ainsi, deux phénomènes contradictoires mettent les acteurs bancaires au centre des problématiques de sécurité : les e-shoppers les plus fréquents ont une confiance renforcée sur les paiements en ligne (55% vs. 50% en moyenne), mais la confiance est faible dans l’enregistrement des sites récurrents.

L’authentification par l’application bancaire : une mesure plébiscitée

38% des Français sont déjà passés à l’authentification forte, via différents dispositifs :

  • Application bancaire = 24% (Ici, le code secret reste dominant (76%), loin devant l’empreinte digitale (36%)
  • Double code = 12%
  • Dispositif physique (générateur de codes, clé USB, lecteur de QR-Code… à brancher sur l’ordinateur) = 7%

Le profil-type de l’utilisateur est un homme de moins de 35 ans, PCS+, ayant souvent déjà subi une fraude.

Tous ont une perception globalement positive de ces changements :

  • « Facile à prendre en main » (76%) et « simple à utiliser » (74%)
  • « Rassurant en termes de sécurité » (75%)
  • « Un progrès pour les achats en ligne » (73%)
  • « Plutôt incitatif à acheter plus souvent en ligne » (48%)

Perception d’autant plus positive lorsque l’authentification se fait via l’application bancaire.

Un besoin d’accompagnement de la part des banques, qui confirme l’opportunité pour ces acteurs

Même si les banques restent l’une des principales sources de connaissance de ces nouvelles mesures (42%) derrière les médias (45%), 32% des Français déclarent ne pas avoir été informés des changements de méthode d’authentification par leur banque et 38% que cette dernière ne les a pas du tout accompagnés dans la prise en main.

En conclusion, alors que la mise en place de la DSP2 s’accompagnait de craintes (perte de business pour les e-commerçants, risques de désintermédiation pour les banques), cette étude tend à lever ces appréhensions. Les nouveaux protocoles rassurent les consommateurs, à condition qu’ils soient bien informés et accompagnés sur ces changements.

Le déploiement de l’authentification forte des paiements apparait même comme une opportunité pour les banques de déployer une communication pro-active et constructive avec leurs clients, dans lesquelles elles pourraient affirmer des valeurs positives et attendues : proximité, expertise, sécurité.

Une première étude sur le passage de la nouvelle réglementation pour la sécurisation des paiements en ligne avait été réalisée en 2019 avec la société Dalenys, fintech spécialisée dans l’optimisation des encaissements en e-commerce, mobile, magasin. Les résultats sont consultables ici.

Méthodologie : Étude réalisée online, du 14 au 21 octobre 2020, sur un échantillon représentatif des acheteurs en ligne français, composé de 1 016 personnes, âgées de 18 à 70 ans et plus.

EN SAVOIR +

Contact chez Enov Research

Olivier Bousquet

Directeur d'Etudes

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