Les besoins de la RATP
Depuis 2022, Enov travaille avec la RATP pour mieux comprendre et lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) sur ses réseaux de transport. Les premières études ont mis en évidence :
- Des chiffres significatifs
- Une faible connaissance par les voyageurs des dispositifs d’aide et de recours en place
- Une vraie difficulté à innover au-delà des solutions existantes Une approche centrée sur les victimes
En 2025, un constat émerge : Travailler uniquement avec les victimes revient à faire porter le problème aux victimes.
La problématique :
Comment transformer la lutte contre les VSS dans les transports en commun en un enjeu collectif, ciblé sur le triptyque victimes – témoins – agresseurs , pour générer des solutions réellement efficaces et innovantes ?
L'accompagnement proposé par Enov
Face à l’ampleur du phénomène des violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les transports, la RATP a souhaité dépasser les approches classiques centrées sur les victimes pour engager une transformation systémique.
Nos équipes Mobilité ont conçu un dispositif inédit combinant exploration psycho-sociologique, co-création et innovation,
et en intégrant pour la première fois les trois acteurs du phénomène : victimes, témoins ET agresseurs potentiels.
Face à la complexité du sujet, le projet s’articule en 5 grandes briques complémentaires.

Etape 2 : co-création
Nous avons animé un Workshop d’une journée réunissant des collaborateurs RATP et des partenaires externes (SNCF, UMAY, forces de l’ordre, un profil doctorant…). Ses séquences itératives visaient à se libérer des normes et des biais cognitifs, produire un foisonnement d’idées, puis réatterrir sur des leviers robustes :

1 – Décadrage : plonger dans l’absurde, sortir du cadre mental, déjouer l’auto-censure, se débarrasser du politiquement correct grâce à des exercices d’analogie et de révélation par l’absurde. Ex : Quelles initiatives rendraient les femmes encore plus vulnérables dans les transports ?

2 – Transposition : ramener ces réflexions aux VSS dans les transports, par protagoniste (victime, témoin, agresseur).

3 – Idéation : Passer de la tension à la solution, être baigné d’insights et de stimuli pour générer des idées novatrices, efficaces et fiables, à partir de 70 leviers issus du travail exploratoire, traduits en dispositif cohérent

4 – Conceptualisation : affiner les concepts, les illustrer (facilitateur graphique) et converger vers des solutions impactantes pour le triptyque victime-témoin-agresseur.
2 groupes de victimes
(1 de femmes uniquement, 1 LGBTQI)
2 groupes de témoins
(1 dominante femmes, 1 dominante hommes)
3 groupes de potentiels agresseurs
(hommes)
Le recrutement des agresseurs potentiels a fait l’objet d’un protocole construit grâce aux échanges avec les experts lors de la phase exploratoire :
- Un screener mêlant dimensions attitudinales face aux enjeux de société et mises en situations concrètes.
- Une sélection finale réalisée via un échange téléphonique complémentaire mené par un chargé de recrutement formé, utilisant des scénarios projectifs et installant un climat de confiance pour favoriser la libération de la parole.
Etape 4 : formalisation des concepts
Sur la base des précédentes étapes, 4 parcours (concepts) incluant plusieurs composantes (idées / solutions) ont été générés :
Témoin : soutenir la victime, alerter les bons relais, dissuader l’auteur.
Victime : encourager à se mettre en zone sûre et demander de l’aide.
Signalement : encourager au signalement via des dispositifs immédiats, simples et discrets.
Plaintes/preuves : faciliter le dépôt de plainte et le rassemblement de preuves.



Ce qui a fait la différence
Discuter avec un expert
Avec cette nouvelle étude, nous avons pu nous mettre "dans la peau" des victimes, témoins et potentiels agresseurs, ce qui a profondément modifié nos approches. »

Responsable du programme Lutte contre le harcèlement sexuel dans les Transports
